Sa phrase sur le «possible» et le «nécessaire» lors du déconfinement helvétique a été reprise à toutes les sauces. Et bien sûr pour des montres.

Depuis vendredi dernier, la formule d’Alain Berset – «Nous souhaitons agir aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire» – a été déclinée sur tous les tons, a fait l’objet de chansons, de t-shirt et de pastiches multiples. Par exemple, on voit un policier en train de verbaliser un automobiliste et celui-ci de se justifier «Je roulais aussi vite que possible, etc.» En Valais, l’heure de l’apéro est dorénavant fixée: «aussi vite que possible et aussi longtemps que nécessaire…»

Ni trop vite, ni trop lentement

La formule se prête à merveille pour évoquer aussi l’élasticité du temps, selon que l’on soit pressé ou non, impatient ou prudent. Ainsi Patrick Saegesser, un horloger travaillant à Crans-Montana(VS), a repris à son compte la formule dans une annonce humoristique. «C’est un clin d’oeil que j’utilise juste sur les réseaux sociaux, précise le commerçant. Cela veut dire que mes montres sont tip top à l’heure: elles ne vont ni trop vite, ni trop lentement.»

«Pas une montre de plus»

A-t-il fait une demande en bonne et due forme pour utiliser l’image du conseiller fédéral? «Non, je ne vois pas la nécessité, observe-t-il, c’est dans le registre de l’humour comme d’autres l’ont repris. Par le passé, Fribourg Gottéron a aussi utilisé l’image du conseiller fédéral et je ne crois pas qu’il se soit offusqué. De toute façon, je ne pense pas que je vendrai une montre de plus grâce à ça.»

Pas de réaction

Contacté, le Département de l’intérieur d’Alain Berset n’a pas souhaité commenter. Il a transmis le cas à la Chancellerie fédérale, qui n’a pas réagi pour l’heure. Ici aussi, il semble qu’on mette en pratique le mantra du maître: la possibilité d’une réaction rapide nuancée par la nécessité d’attendre.

L’homme au 14 000 pizzas

Patrick Saegesser a l’habitude de jouer des coups de marketing. Il y a quelques années, il avait offert 14 000 pizzas lors d’un derby entre le FC Sion et le FC Bâle au stade de Tourbillon: «A l’époque, je tenais un restaurant. C’était des bons pour venir manger chez moi dans un délai d’une année. Comme je suis d’origine bâloise, j’avais profité de l’occasion.» Et, comme pour toute chose, certains sont venus aussi vite que possible pour les manger et d’autres aussi lentement que nécessaire, c’est-à-dire jamais: «En tout, c’est tout de même un millier de ces bons qui ont été utilisés dans mon restaurant», se rappelle-t-il avec une certaine fierté.

https://www.lematin.ch/story/alain-berset-la-formule-qui-defie-le-temps-166189802108

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